Récits

À travers les Ardennes en van : nos arrêts préférés

Forêts, rivières et villages paisibles. Un itinéraire lent à travers le sud du pays, à notre propre rythme.

La Roche-en-Ardenne, Luxemburg

Par Marie Devos · 12 juin 2026

Un van aménagé avec porte coulissante ouverte au bord d'une vallée fluviale ardennaise dans la brume matinale, avec deux tasses de café fumantes sur une petite table en bois et vue sur l'eau et les pentes boisées.

Les Ardennes ont quelque chose qu'il ne faut pas expliquer. On le sent dès que la route se rétrécit, que les maisons en pierre naturelle apparaissent et que les premiers virages vous obligent à ralentir naturellement. Le paysage s'adapte à votre rythme. Pas avec beaucoup de bruit, mais très doucement. Comme s'il disait : doucement, vous y êtes.

Nous sommes partis sans plan précis. C'est généralement ainsi que commencent nos meilleurs voyages. Pas de liste de vingt choses à voir absolument, pas d'horaire, pas de pression. Juste quelques jours de congé, un réservoir d'eau plein, de la nourriture dans le placard, des chaussures de randonnée sous le lit et assez de café pour la route.

Nous avons rapidement laissé l'autoroute derrière nous. À partir de là, nous avons choisi les petites routes. Ces routes où l'on découvre quelque chose de différent à chaque virage : un champ ouvert, un morceau de forêt sombre, un village de trois rues, une petite chapelle, un pont sur une eau claire, une pente où le van doit travailler un peu. C'est pour moi le charme de voyager en van. On ne se dirige pas vers une seule destination. La route elle-même devient l'histoire.

Se réveiller à La Roche

Notre premier véritable arrêt fut près de La Roche-en-Ardenne. Il était déjà tard quand nous sommes arrivés. Pas une obscurité totale, mais cette lumière bleue du soir où tout semble plus calme. Nous avons trouvé un endroit tranquille en lisière de verdure, préparé quelque chose de simple et ouvert la porte un instant pour laisser entrer l'air du soir.

La nuit, on n'entendait presque rien. De temps en temps des feuilles, une voiture au loin, puis à nouveau le silence. Ce genre de silence ne se trouve plus partout. Il vous apaise naturellement.

Le lendemain matin, il y avait du brouillard entre les arbres. Pas un brouillard épais qui empêche de voir, mais une brume douce qui rend tout plus lent. Nous étions assis avec notre café à la porte du van et regardions simplement dehors. Pas de musique. Pas de téléphone. Juste la vapeur des tasses, l'humidité sur l'herbe et ce vert typique des Ardennes qui reste beau même par temps gris.

La Roche elle-même n'est bien sûr pas un endroit inconnu. On y trouve l'Ourthe, les pentes, les pavés, le château au-dessus de la ville et suffisamment de petites rues pour flâner. Mais ce que j'apprécie surtout, c'est qu'on peut en sortir rapidement. En quelques minutes, on se retrouve à nouveau parmi les arbres ou au bord de l'eau. Cet équilibre entre village et nature en fait un bon premier arrêt.

Nous avons acheté du pain à la boulangerie, nous nous sommes promenés un peu dans le centre et avons ensuite continué sans hâte.

Le long de l'Ourthe

Quand on traverse les Ardennes, l'eau n'est jamais loin. L'Ourthe réapparaissait sans cesse. Parfois le long de la route, parfois sous un pont, parfois soudainement entre les arbres. Nous ne l'avons pas suivie parfaitement, mais elle est devenue une sorte de fil conducteur lâche de notre itinéraire.

Nous nous sommes arrêtés là où nous nous sentions bien. Un endroit avec vue sur l'eau. Un banc au bord d'un sentier de randonnée. Un petit village où le temps semblait s'écouler moins vite. Cela peut sembler un peu vague, mais c'est ainsi que nous préférons voyager. Tout ne doit pas être un point culminant. Parfois, un arrêt est simplement bon parce qu'on peut y respirer un instant.

Au bord de la rivière, on remarque aussi à quel point les Ardennes sont différentes du reste de la Belgique. Tout semble moins dense. L'air semble plus vaste. Même quand il y a d'autres personnes, il reste de la place. On entend l'eau, les oiseaux, parfois un chien au loin. Et si l'on s'éloigne un peu du premier parking ou du premier point de vue, le calme revient vite.

Nous n'avons pas fait de longue randonnée ce jour-là. Juste quelques courtes sections. Chaussures aux pieds, veste, un peu de montée, un peu de descente, retour au van pour le café. C'est l'avantage d'avoir sa petite maison sur roues avec soi. On n'a pas besoin de tout traîner. On marche, on revient, on sèche ses chaussures, on prépare quelque chose de chaud et on décide ensuite ce que le reste de la journée apportera.

Un après-midi tranquille à Durbuy

Durbuy est connue, peut-être même un peu trop. En haute saison, il peut y avoir beaucoup de monde, et honnêtement, ce n'est pas tout à fait ce que nous recherchons. Mais en dehors des périodes les plus chargées, la ville a toujours beaucoup de charme. Surtout si l'on arrive tôt ou un peu plus tard dans la journée.

Nous nous sommes garés en dehors de l'agitation et sommes entrés à pied. Rues étroites, façades en pierre, petites boutiques, terrasses, fleurs, touristes qui regardent lentement autour d'eux. Ce n'est pas l'endroit le plus sauvage pour le vanlife, mais parfois, il faut aussi que ce soit simplement agréable.

Nous ne sommes pas restés longtemps. Un café, une courte promenade, observer les gens. Ensuite, nous en avons eu assez et sommes retournés au calme. Pour moi, c'est l'astuce avec les endroits populaires : il ne faut pas les éviter, mais il ne faut pas non plus les forcer. Allez voir, profitez un instant, et partez quand vous ne vous sentez plus bien.

Ce que j'aime dans les Ardennes, c'est qu'on peut toujours faire ça. On roule dix minutes et le paysage reprend le dessus. Loin de l'agitation, de retour aux forêts et aux virages.

Les plus beaux arrêts ne sont souvent pas planifiés

Notre arrêt préféré du voyage ne figurait sur aucune liste. C'était juste une route qui se rétrécissait, puis un petit sentier menant à une clairière, et une vue sur une vallée qui nous a tous deux laissés sans voix.

Pas de panneau. Pas d'attraction. Pas de photo sur un blog de voyage que nous aurions sauvegardée. Juste un endroit où la lumière était bonne et où nous sommes arrivés au bon moment.

Nous avons arrêté le van et sommes restés plus longtemps que prévu. Chaises dehors, chaussures enlevées, café. Un randonneur est passé et a fait un signe de tête amical. Puis plus rien. Juste le vent dans les arbres et de l'eau quelque part en bas.

Ce sont les moments pour lesquels nous faisons cela. Non pas parce qu'ils sont spectaculaires, mais parce qu'ils nous appartiennent. Vous ne les avez pas réservés, pas planifiés. Vous les avez simplement trouvés.

Je pense que le vanlife en Belgique réside souvent précisément là. Nous n'avons pas besoin de vastes déserts ou de cols de montagne infinis pour trouver un sentiment de liberté. Parfois, une petite clairière dans les Ardennes suffit. Une route tranquille. Une lisière de forêt. Une rivière. Un matin sans hâte.

Bouillon et les virages vers le sud

Plus tard, nous avons roulé vers Bouillon. La route elle-même était peut-être encore plus belle que la destination. Virages, dénivelés, sections de forêt, petits villages où l'on ralentit automatiquement. Le van s'y sentait parfaitement à sa place. Pas rapide, pas voyant, juste tranquillement en harmonie avec le paysage.

Bouillon a quelque chose de robuste. La Semois, les ponts, le château au-dessus de la ville, les rochers et les pentes verdoyantes qui l'entourent. On se sent plus au sud qu'on ne s'y attend en Belgique. Comme si l'on était plus loin de chez soi qu'on ne l'est réellement.

Nous nous sommes promenés le long de l'eau et avons laissé la journée ouverte. Pas de grands projets. Juste voir ce qui nous tentait. Manger un sandwich sur un muret, prendre quelques photos, chercher un endroit tranquille pour la soirée.

La Semois est une rivière différente de l'Ourthe. Elle semble plus douce et en même temps plus sauvage en raison de son environnement. Les virages, les points de vue, les forêts environnantes. Si vous aimez voyager lentement, vous pouvez facilement rester des jours dans cette région sans avoir l'impression de manquer quelque chose.

Des soirées sans avoir besoin de grand-chose

Le soir, un van devient petit. Surtout après une journée dehors. Mais cela n'est pas forcément mauvais. Au contraire. Après une journée de marche, de conduite et de découverte, il est agréable que tout soit à portée de main.

Nous avons préparé un repas simple. Rien de spécial. Pâtes, quelques légumes, sauce, fromage par-dessus. Dehors, il faisait lentement nuit. À l'intérieur, une lumière chaude brillait. Les fenêtres s'embuaient un peu, alors nous avons ouvert une petite fente. Ces petites choses pratiques en font aussi partie. Le vanlife, ce n'est pas seulement de belles photos. C'est aussi faire la vaisselle dans un petit évier, faire sécher des chaussettes, enlever la boue de ses chaussures et savoir où se trouve sa lampe de poche.

Mais c'est précisément ce qui le rend réel. On vit plus près de tout. Du temps, de la lumière, de ses affaires, les uns des autres. On remarque plus vite ce dont on a besoin et ce dont on n'a pas besoin.

Ce soir-là, nous avons entendu de l'eau au loin. De temps en temps un hibou. Rien d'autre. Nous sommes restés un moment dans l'embrasure de la porte avec une couverture autour de nous et avons peu parlé. Non pas parce qu'il n'y avait rien à dire, mais parce que le moment suffisait.

Petits villages, grand charme

L'une des choses que nous apprécions toujours dans les Ardennes, ce sont les villages. Pas seulement les noms connus, mais surtout les petits endroits où l'on passe presque par hasard.

Une église, une boulangerie, quelques maisons à flanc de colline, un vieux pont, de la fumée s'échappant d'une cheminée, quelqu'un qui promène son chien et fait un signe de tête amical. Tout cela n'est pas grandiose, mais cela reste en mémoire.

Nous nous sommes arrêtés dans un tel village parce que nous avions besoin de pain et finalement nous y sommes restés près de deux heures. Non pas parce qu'il y avait beaucoup à faire, mais précisément parce qu'il y avait peu à faire. Nous avons bu du café, monté une rue, regardé les toits et sommes redescendus vers le van.

Pour moi, c'est l'une des plus belles formes de voyage. Ne pas consommer un lieu, mais s'y intégrer un instant. Tout ne doit pas être une activité. Parfois, être quelque part suffit.

Marcher sans pression de performance

Les Ardennes invitent à la randonnée, mais nous avons appris à le faire à notre manière. Toutes les randonnées ne doivent pas être longues. Tous les itinéraires ne doivent pas promettre la plus belle vue. Parfois, on veut juste marcher une heure en forêt et revenir avec les joues froides et l'esprit vide.

Nous avons choisi les randonnées à l'instinct. Un panneau ici, un sentier là. Parfois, nous sommes revenus plus vite parce que c'était trop boueux. Parfois, nous avons marché plus loin que prévu parce que le sentier restait beau. C'est l'avantage de ne pas planifier trop strictement.

Emportez toujours de bonnes chaussures. Les Ardennes peuvent être glissantes, humides et boueuses, même lorsque le temps est clément. Une paire de chaussettes sèches supplémentaire dans le van n'est pas non plus un luxe superflu. Cela ne semble pas romantique, mais des pieds secs font une énorme différence.

Revenir dans son propre bus après une randonnée reste l'une des meilleures sensations. Veste enlevée, chaussures de côté, eau à chauffer, quelque chose à manger. Dehors, il peut faire humide ou frais, à l'intérieur, on se sent comme à la maison.

Nos arrêts préférés sur cet itinéraire

Si je devais résumer ce voyage en arrêts, voici les endroits qui nous ont le plus marqués.

La Roche-en-Ardenne a été le point de départ parfait. Non pas parce qu'elle est inconnue, mais parce qu'elle a tout ce que l'on souhaite pour une première sensation ardennaise : de l'eau, de la forêt, un centre agréable et suffisamment de nature autour.

La route le long de l'Ourthe était peut-être encore plus importante qu'un endroit spécifique. Juste rouler lentement, s'arrêter régulièrement et ne pas trop en vouloir. Ce tronçon nous a appris à nouveau qu'être en chemin est parfois mieux qu'arriver.

Durbuy a été une agréable courte escale. Pas pour y rester longtemps, mais pour se promener un peu dans les rues et ensuite rechercher consciemment le calme.

Les petits villages entre les lieux connus ont été peut-être les plus surprenants. C'est là que nous avons trouvé la lenteur que nous cherchions. Pas de listes, pas d'attentes, juste vivre un instant au rythme du lieu.

Bouillon et la région autour de la Semois ont semblé être une digne conclusion. Plus verts, plus sauvages, avec de beaux virages et suffisamment d'endroits où l'on a envie de rester un jour de plus.

Voyager de manière respectueuse reste important

Comme nous voyageons en van, j'essaie toujours d'être très conscient de l'endroit où nous nous trouvons et de la façon dont nous nous comportons. Surtout dans les Ardennes, où la nature et les villages sont proches les uns des autres.

Nous ne laissons rien derrière nous. Nous ne faisons pas de bruit. Nous ne nous installons pas comme si un endroit nous appartenait. Nous demandons gentiment si nécessaire. Et si un endroit ne nous convient pas ou n'est clairement pas destiné à être un arrêt, nous continuons notre route.

Ce n'est pas une restriction. Cela fait simplement partie du voyage. Plus nous faisons preuve de respect, plus il y a de chances que ce type de voyage reste possible. Surtout en Belgique, où l'espace est limité et où les gens peuvent rapidement être gênés par un mauvais comportement.

Pour nous, voyager librement ne signifie pas que tout est permis. Cela signifie surtout que l'on prend ses responsabilités.

Pourquoi les Ardennes continuent d'attirer

Après quelques jours, nous sommes rentrés à la maison avec de la boue sur les tapis, des sacs de café vides, des chaussures de randonnée mouillées et un esprit beaucoup plus calme qu'au départ.

C'est ce que font les Ardennes. Elles sont proches, mais se sentent suffisamment lointaines. Pas besoin de traverser une frontière pour avoir l'impression d'être ailleurs. Pas besoin de prendre des semaines de congé. Même deux ou trois jours peuvent suffire pour retrouver de l'espace.

Et c'est peut-être précisément pourquoi cette région convient si bien au vanlife en Belgique. Elle prouve que l'aventure n'a pas toujours besoin d'être grande. Parfois, elle se trouve dans une route sinueuse, un matin tranquille, une rivière à votre porte et une tasse de café pendant que le brouillard se lève entre les arbres.

Nous sommes partis avec l'idée de rassembler quelques arrêts préférés. Nous sommes revenus avec quelque chose de mieux : le sentiment que voyager lentement est encore possible ici, tant que l'on prend le temps.

En conclusion

Voyager à travers les Ardennes en van n'est pas une course d'attraction en attraction. C'est tout le contraire. C'est ralentir. S'arrêter là où l'on se sent bien. Entrer dans un village sans but. Suivre une rivière parce qu'elle va dans la même direction. Se réveiller entre les arbres et ne décider qu'après le deuxième café ce que l'on va faire.

Nos arrêts préférés n'étaient finalement pas seulement La Roche, Durbuy ou Bouillon. C'étaient surtout les moments entre les deux. Les petites routes. Le brouillard. La boulangerie dans un village que nous avions failli dépasser. La randonnée qui n'avait pas besoin de se terminer. La soirée où nous n'avons entendu que l'eau et un hibou.

C'est précisément pour cela que nous faisons cela.